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P?r?grinu de Compostelle : derni?re ?tape (juillet 2011) - Les actualités de l'APNEL

P?r?grinu de Compostelle : derni?re ?tape (juillet 2011)

Philippe (Sunikini) et Dominique (Arbaline)

Cet ?t?, en juillet, avec Dominique, nous avons achev? le Chemin de Compostelle (1600 km ? pied). Nous ?tions partis du Puy en Velay en ?t? 2007, ? raison de 15 ? 20 jours par an. Nous avons (surtout moi) essay? d'associer randonue et p?r?grination, d'o? l'appelation "P?r?grinu de Compostelle".

Vous lirez ci-joint notre compte-rendu (Etape de Leon ? Santiago de Compostella, puis jusqu'au Finisterra). La premi?re partie du texte est de Dominique. La seconde partie est de moi. Je mets l'accent davantage sur le cot? "Nudit? du Chemin". Philippe (Sunkini).

Le P?r?grinu de Compostelle (2011)

par Dominique (Arbaline)

Que dire, qu??crire quand on revient d?un si long chemin, qu??crire qui soit recevable par celui qui va nous lire ?

D?crire un paysage, dire des rencontres, donner un itin?raire, c?est simple ; dire ce qui se passe au plus profond de nous, c?est moins simple !

Mettre un pied devant l?autre, marcher sous le soleil cuisant, le crachin, le vent ou l'orage, chercher son rythme propre, son rythme interne, tout en respectant celui de son compagnon de marche, autour de 25 km par jour, parfois moins, parfois plus (36 km !), pas seulement suivre l?autre, mais ?tre soi, savoir le dire, savoir ?couter, savoir s?arr?ter, marcher ? deux n?est pas toujours simple, depuis cinq ans maintenant que nous avan?ons sur le chemin, nous affinons notre duo.

Au C?breiro (altitude 1500 m.)  Pont romain

S?arr?ter ? l??tape, au g?te, une halte toujours attendue, la difficult? des derniers kilom?tres, toujours trop longs (surtout pour Dominique), traverser un village, entrer dans une petite chapelle rest?e intacte depuis le fin fond du Moyen ?ge, mettre ses pieds dans les pas des p?lerins qui depuis des si?cles partaient de chez eux pour venir sur ce m?me chemin : c?est ainsi au quotidien !

Manger une bonne omelette, une tortilla, parfois avec des frites ;-))) ? 10h du matin, parce qu?on a d?j? march? plus de trois heures, et retrouver la vraie saveur d?un caf?, hum que c?est bon... ;-))))

D?poser au pied de la Cruz de ferro, une petite pierre amen?e de chez nous, boire une bonne cerveza, ?grener les lieux et les noms, Leon, Astorga, Foncebadon, Pontferrada, La Faba, O?Cebreiro, Triacastela, Samos, Santiago, Olveiroa, C?e,... S?amuser ? se photographier en imitant la pause des nombreuses statues de p?lerins, et h?las !!! beaucoup plus rarement de p?lerines - et pourtant elles sont nombreuses sur le chemin !

Ajouter les rencontres, Danois, Isra?liens, Hongrois, Italiens, Roubaisiens d?origine (et m?me d?Halluin ;-))), Argentins, Italiens, et bien s?r Espagnols,... A l?occasion d?une rencontre, les souvenirs remontent, tristes ou joyeux, comme si on r?visait sa vie, la m?moire secou?e, les meilleurs moments, les ?motions, les temps forts enfouis mais pas oubli?s, un pas, puis un autre...

L'?nergie et la foi transmises par les pierres...

Grimper dans une montagne couverte d?ajoncs et de bruy?res, cheminer sous les arbres centenaires, ch?taigniers, ch?nes, eucalyptus, se souvenir de la br?lante Meseta, d?couvrir au loin les tours de la cath?drale de Santiago ou plus loin encore vers Fisterra (le Finist?re de l?Espagne), le bleu de l?oc?an, s?arr?ter, pauser, regarder encore la cath?drale, comme si les yeux ne pouvaient s?en d?tacher, comme fascin?s - c?est tout l??tre qui est fascin? -, se laisser ?mouvoir par le rituel du botafumero, l?encensoir immense...

S??tonner de voir, au fond de cette m?me cath?drale, des g?ants, tels ceux de nos bourgs flamands (et oui, les Flandres ont ?t? espagnoles), et m?me, esquisser sur le parvis un pas de danse au son d?une fanfare galicienne, qui nous joue un air... du carnaval de Dunkerque !

Se trouver seuls et nus sur une plage de sable blanc dans une nature encore pr?serv?e, suivre les rituels des p?lerins, Lavacolla, o? Philippe se baigne dans l?eau fra?che d?une rivi?re, purification (Dominique a pr?f?r? la douche chaude ;-)))), se mettre ? nu d?s que possible - pour Philippe c?est souvent ! -, se baigner tous les deux dans l?eau glac?e de l?oc?an ? Langosteira, comme le faisaient les p?lerins d?antan, aller jusqu?au bout de la terre, au pied du phare de Finisterra, ranimer un feu de brindilles, br?ler symboliquement un vieux v?tement, attendre le coucher du soleil, un jour nouveau viendra, un homme nouveau, une femme nouvelle, vraiment ? Se d?pouiller, vraiment ? Philippe a d?j? oubli? son pantalon, quelque part ? Manjarin, et c?est radio camino qui nous l?a ramen?, via le mythique senor Jato, bien connu du chemin ; Dominique, elle, a perdu sa carte bleue ! Heureusement, c?est une bonne ?me qui a du la trouver, car pas de dommages !

Arriv?e au Finisterra Cath?drale de Santiago

Un homme nouveau, une femme nouvelle ? Nous verrons bien !

Au-del? des anecdotes, qu?est ce que le chemin ? Chemin histoire ? Chemin d?pouillement ?, Chemin construction ?, Chemin porteur de message ?, Chemin mythique, Chemin d?but d?un nouveau chemin ?

Buen camino !

Cerveza ? Santiago

Dominique (Arbaline)

Le P?r?grinu de Compostelle (2011)

par Philippe (Sunkini)

En compl?ment du texte po?tique de Dominique, j'?voque ? mon tour quelques temps forts du Chemin de Compostelle, vu d'un ?il p?lerin et naturiste... Notre marche sur le Camino de Santiago a rev?tu cette ann?e, un caract?re particulier et ?motionnel, car c'?tait la derni?re ?tape, l'aboutissement d'un long p?riple de 1600 km ? pied, r?partis sur 5 ann?es. Enfin, nous arriverons ? Santiago et au Cap Finisterre !

Nous ?tions bien r?d?s par l'exp?rience des ann?es pr?c?dentes, et c'est d'un pas soutenu et r?solu que nous avons parcouru les ?tapes de Leon ? Santiago, puis jusqu'au Finisterre. Nous sommes rest?s fid?les ? l'esprit "P?r?grinu", en suivant le mot d'ordre de St J?r?me donn? aux p?lerins du Moyen ?ge : "Suivre nu, le Christ nu".

Pour Dominique, la mise ? nu est une d?marche toute int?rieure pour faire le vide et se laisser remplir des ?nergies profondes et spirituelles qui ?manent les ?glises romanes, des vieilles pierres, des arbres centenaires ou des paysages si myst?rieux de la Galice.

Pour Philippe, s?duit par le cot? randonue, le P?r?grinu, c'est se mettre dans la peau et la tenue du p?lerin d'autrefois, "nud en chemise" ou ceint d'un simple par?o. C'est cette dimension de la nudit? v?cue sur le chemin que je mets en relief dans ce compte-rendu.

P?r?grinu Monument des droits
de l'homme ? C?e

L'an dernier, nous avions affront? les fortes chaleurs de la Meseta : la nudit? se justifiait ; mais cette ann?e la transition est sensible. Le temps fut comme en France, peu cl?ment. De plus, la Galice est, comme la Bretagne, sensible ? la fra?cheur de l'Atlantique. Nous avons essuy? quelques orages m?morables. On grimpe jusqu'? 1500 m?tres pour franchir le Cebreiro dans le brouillard du petit matin.

La nudit? int?grale fut donc assez limit?e cette ann?e, mais j'?tais tr?s souvent nu sous ma longue chemise de randonn?e ou ceint du par?o. Parfois, j'arborais fi?rement le tee-shirt beige Originelle marqu? du sympathique logo du club. Comme tout naturiste, j'?tais peu soucieux de mes v?tements ; j'en ai m?me oubli? mon pantalon sur le chemin. Dur de franchir ensuite le Cebreiro en petit short dans le brouillard ? 7 heures du matin. Ainsi, ce dimanche 17 juillet, il n'a pas ?t? possible de m'associer ? la "journ?e sans maillot" dont l'Espagne est famili?re.

Prendre des photos en associant nudit? et lieux culturels a du sens. Nudit? et vieilles pierres charg?es d'histoire vont bien ensemble. Ainsi, j'ai pos? ? C?e aupr?s des statues nues sur les Droits de l'homme ou ? Mont de Gozo, aux c?t?s des p?lerins de bronze d?couvrant avec joie les clochers de la cath?drale de Santiago, ou encore, nu au pied d'un calvaire en pierre ou sur les marches d'une chapelle. La nudit? du chemin est aff?t?e par la foi des pierres !

Apr?s les marches parfois ?prouvantes, la d?tente ?tait bienvenue : sieste nue dans un jardin public ou baignade dans une piscine d'un g?te... sans maillot naturellement !

Bifurcation vers le Finisterra Ablutions rituelles ? Lavacolla

Quand approche le terme de la p?r?grination, il est de tradition pour le p?lerin d'accomplir quelques rites : tout d'abord, c'est le bain rituel dans la rivi?re ? Lavacolla (traduit par "Lave-cul"). Je me suis plong? dans la rivi?re pour les ablutions et pouvoir me pr?senter propre et digne ? la cath?drale ! De m?me apr?s Santiago, beaucoup de p?lerins (surtout des non-espagnols) poursuivent leur marche jusqu'au Finisterre, la "fin de la terre". Ici aussi, les rituels sont ? respecter pour entrer dans la d?marche de l'homme nouveau : le p?lerin br?le ses vieux v?tements du p?lerinage au pied du phare. Pour un naturiste, le v?tement le plus symbolique, le dernier bastion de la pudeur classique est le sous-v?tement. J'ai jet? mon slip au feu avec d?lectation, et me suis assis nu ? cot? du feu pour veiller aux flammes, car le vent soufflait assez fort au pied du phare. Dominique a suivi en br?lant deux vieux tee-shirts, symboles de bien des vies pass?es ! Le lendemain, ? la plage de Langosteira, lib?r?s des v?tements, nous nous sommes jet?s nus ? la mer pour une baignade tonique suivie d'un bain de soleil int?gral sous l'?il indiff?rent des espagnols.

Travers?e de la plage de Sardiniero Repos ? la Plage de C?e Monte de Gozo... en vue de Santiago

Enfin, la nudit? du chemin, c'est aussi vivre dans la simplicit? de la vie communautaire des g?tes : pas de chichi pour aller aux douches fesses ? l'air ou pour grimper sur les lits superpos?s pour s'enfiler nu dans le duvet.

Le Chemin de Compostelle est un chemin d'humilit? et de d?nuement qui permet de se rencontrer nu avec soi-m?me, et de rencontrer les autres, d?pouill? de tout artifice.

Ultre?a !

Br?ler ses vieux v?tements
au Cap Finisterre...

Philippe (Sunkini)
sunkini@orange.fr

Commentaires

1. Le jeudi 10 novembre 2011, 22:06 par libidier

Bravo ? vous pour tous ces kilom?tres parcourut et pour ce r?cit magnifique.

Didier.

2. Le jeudi 10 novembre 2011, 23:20 par phileas

super spirituel et sympathique,
le p?lerinage dans ces conditions de respecter la pauvret? repr?sent?e par notre nudit?, symbole de notre
aspiration ? ?tre vrai dans cette qu?te me parle compl?tement.
Cela est inspirant et nous permet v?ritablement d'?tre en communion avec nous m?mes et pour ceux qui sont
croyants en communion d'esprit avec notre nature originelle.
Bien cordialement
Philippe (94)

3. Le jeudi 5 janvier 2012, 20:03 par ericetmag13

bravo
tres beau recit
merci de nous avoir fait partager votre si beau p?riple........
bises
eric et magali de marseille, association naturiste phoc?enne

4. Le mardi 7 février 2012, 17:31 par decosterd

Bravo. vous avez effac? mon r?ve. Faire mon p?lerinage nu. Fraternellement. Marcel, P?lerin de Compostelle 2000
En esp?rant vous recevoir au salon des randonn?es. A Paris. Stand (chemins d'?toiles Compostelle 2000)

5. Le lundi 9 février 2015, 14:28 par djimibek

bravo, c'est un grand plaisir d??tre nu, surtout dans les plages
s?int?resse

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