ACCUEIL | ACTUALITÉ | ASSOCIATION | FORUMS | LIENS

Forum de l’APNEL

Les forums pour échanger sur le naturisme en liberté

Vous n'êtes pas identifié(e).

#1 15-09-2009 21:26:07

jfreeman
Administrateur

Le Monde 2 : les partisants du rire militant (édition du 12/09/2009)

Le Monde 2 : les partisants du rire militant (édition du 12 septembre 2009)


Avec un petit passage sur notre ami Irwin :


La nudité est aussi l'alpha et l'oméga de l'action d'Irwin, son but et son moyen. Après une grave intoxication chimique, qui met sa vie en danger, il découvre qu'être nu lui fait du bien. Cette liberté devient un combat : il se promène dans le plus simple appareil en Espagne, dans les rues de Saint-Sébastien et Barcelone. "La Constitution espagnole assure cette liberté, puisqu'elle ne l'interdit pas précisément. J'ai voulu vérifier que cette liberté était bien utilisée". Le corps bronzé de ce grand barbu au rire éclatant devient célèbre en ville. Il est interpellé mais relâché. Ce sera moins facile en France, où la police vient l'arrêter devant chez lui, à Hendaye. Accusé d'exhibition sexuelle, en application de l'article 222-32 du code pénal, article dont il conteste l'interprétation, il perd un premier procès. Va en appel et reperd. Il est aujourd'hui devant la Cour européenne des droits de l'homme. "Ce n'est pas pour la nudité que je me bats, c'est pour la liberté de me promener dans la tenue que je veux, fût-elle minimale. Mon combat est contre l'intolérance et la discrimination". Et il continue de se promener nu. Dans les six derniers mois, il a été arrêté quatre fois.


Et une référence au militantisme enjoué des adhérents de l'APNEL :


La nouvelle contestation touche desormais le domaine des moeurs.
En juillet, Irwin (en haut, à droite), militant nudien, s'est joint aux membres de l'Association
pour Ia Promotion du Naturisme En Liberté, le temps d'une randonnée nudiste en Essonne.


http://www.lemonde.fr/le-monde-2/articl … 868_2.html


Sur l'édition papier, une jolie photographie naturiste, en pleine page, illustre cet article.


                20090912lemonde2.jpg


                                               En haut, Jacques et Irwin
                                                 En bas, de dos, Dekan


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


adh3.jpg

Hors ligne

#2 15-09-2009 21:31:05

jfreeman
Administrateur

Re : Le Monde 2 : les partisants du rire militant (édition du 12/09/2009)

Le Monde 2 : les partisants du rire militant (édition du 12/09/2009) 
(l'article dans sa totalité)


La nudité est aussi l'alpha et l'oméga de l'action d'Irwin, son but et son moyen. Après une grave intoxication chimique, qui met sa vie en danger, il découvre qu'être nu lui fait du bien. Cette liberté devient un combat : il se promène dans le plus simple appareil en Espagne, dans les rues de Saint-Sébastien et Barcelone. "La Constitution espagnole assure cette liberté, puisqu'elle ne l'interdit pas précisément. J'ai voulu vérifier que cette liberté était bien utilisée." Le corps bronzé de ce grand barbu au rire éclatant devient célèbre en ville. Il est interpellé mais relâché. Ce sera moins facile en France, où la police vient l'arrêter devant chez lui, à Hendaye. Accusé d'exhibition sexuelle, en application de l'article 222-32 du code pénal, article dont il conteste l'interprétation, il perd un premier procès. Va en appel et reperd. Il est aujourd'hui devant la Cour européenne des droits de l'homme. "Ce n'est pas pour la nudité que je me bats, c'est pour la liberté de me promener dans la tenue que je veux, fût-elle minimale. Mon combat est contre l'intolérance et la discrimination." Et il continue de se promener nu. Dans les six derniers mois, il a été arrêté quatre fois.


Quel est l'impact réel de ces actions ? "Ça n'imprime rien du tout, estime Jean-Michel Aphatie, éditorialiste sur RTL. C'est spectaculaire, ça plaît aux journalistes mais qu'est-ce qu'il en reste ?" Les syndicats voient d'un mauvais œil ces militants qui les bousculent, même s'ils l'avouent peu. Les dirigeants officiels préfèrent ne pas répondre. "Ils croient qu'ils ont tout inventé, lâche un vieux cégétiste. OK, on en parle. Mais quand il faut négocier et arracher des vraies mesures au gouvernement, c'est nous qui nous battons. Et là, il ne s'agit plus de faire les clowns…" Au ministère du logement, on reconnaît du bout des lèvres que Jeudi noir est arrivé à faire parler de lui, mais c'est pour mettre en avant leur absence de troupes et le peu de nouveauté de leurs propositions. Eux revendiquent une vraie victoire. Ils ont vu plusieurs ministres : Villepin sur le CPE, Borloo très vite. Ils siègent dans plusieurs commissions ministérielles. "Sur les stages, on a obtenu trois décrets, des conventions collectives, des formations, explique Julien Bayou. Mais nous n'avons pas vocation à remplacer le travail syndical. Là, les syndicats ont ensuite rattrapé le coup. Alors on s'efface. En ne créant pas de structures, on ne s'oblige pas à se pérenniser."


Jusqu'où iront-ils ? Leur savoir-faire se professionnalise. Xavier Renou a quatre livres en chantier. Julien et Lionel ont créé une boîte de communication en événements de ce type. Bien sûr, ils ne conseilleront que ceux qu'ils estiment. Mais cette évolution inquiète un peu Leila : "Je ne me verrais pas faire cela pour une cause à laquelle je ne crois pas de tout mon cœur." Leur plus éclatante réussite à été l'élection à Bruxelles de la jeune députée européenne Karima Delli. Quatrième sur la liste de Daniel Cohn-Bendit aux européennes, elle a d'ailleurs pris son complice Julien Bayou comme attaché parlementaire… Faut-il y voir une récupération ou le premier souffle d'un vent nouveau dans la contestation ?


Tous ces nouveaux militants s'appuient sur ce formidable outil qu'est Internet. Sans lui, ils ne seraient rien, et c'est dans un cybercafé que Julien Bayou donne ses rendez-vous. Internet les fédère, a permis leur rencontre, les aide à monter des actions qui, toutes, ont le même déroulement : on programme, on prévient les médias et on y va. Car sans la presse, ils n'existent pas, ou tellement moins… "A Génération précaire, on a longtemps fait croire que nous étions des centaines alors qu'une vingtaine de personnes seulement bougeaient", se souvient Lionel. D'où la nécessité de changer souvent d'action : multiplier les happenings sur le même modèle, c'est risquer d'en user l'impact. "Là ou nous faisons école, c'est sur la communication, affirme Lionel. Sauvons les riches, ce n'est que de la com'. On est sur du discours."


Parfois aussi, le discours tombe à plat. Comme pour l'opération "grippe précaire". Nous sommes le 3 juin, deux jours après la mise en application du RSA (Revenu de solidarité active), qui remplace – notamment – le RMI (Revenu minimum d'insertion). Pour Simon, Leila et quelques autres, le nouvel outil n'est qu'un trompe-l'œil qui durcit les discriminations à l'égard des étrangers et renforce le contrôle des bénéficiaires d'allocations. Habillés en médecins, combinaisons stériles sur le dos et gros scotch à la main, ils veulent dénoncer cette précarisation. Objectif : la Caisse d'allocations familiales du 19e arrondissement de Paris, qui va distribuer le RSA. Rendez-vous est pris dans un bar où les RG attendent aussi, sans se cacher. Une fois à la CAF, les militants en bloquent les entrées avec du scotch, appelant à l'isolement contre la "grippe précaire". Des tracts sont distribués, qui expliquent en quoi le RSA est nuisible. Le personnel s'insurge, les uns violemment, d'autres plus gentiment. Les usagers sont perplexes. Certains râlent devant le contretemps, d'autres essaient de comprendre la démarche des militants. "C'était peut-être un peu confus, concède Leila en partant. Il faudra rebosser le scénario."


La désobéissance est un de leurs mots d'ordre, dés-obéissance dont Xavier Renou, initiateur du Manifeste des désobéissants, a fait un mode de vie et presque une école de pensée. Fin juin 2009, dans les locaux du syndicat Sud-Rail, quelques militants prennent un cours de désobéissance. L'ambiance est décontractée. Chacun s'empresse d'enfreindre la moindre instruction, en lançant : "Mais je suis là pour apprendre à désobéir !" Xavier leur enseigne les bases : monter une action non violente, résister à la pression physique (la technique de la tortue…), gérer le stress. Xavier, venu des mouvements autonomes, s'est orienté vers le militantisme non violent, passant par Greenpeace et l'altermondialisme. Il n'a jamais rejoint un syndicat. "Les autonomes n'ont mené qu'à l'échec, et j'ai testé l'efficacité de la non-violence contre le GUD à la faculté de droit d'Assas. La désobéissance est une vraie rupture avec les modes de mobilisation traditionnels, et renoue avec l'amusement des années 1960. C'est un jeu, mais un jeu sérieux, avec des enjeux et des risques." Sud est le premier syndicat à avoir fait appel au mouvement, qui offre bénévolement son savoir. "Nous avons constaté que le front unitaire, les manifestations et autres étaient démobilisatrices, explique Marie-Laure Decreton, secrétaire de Sud-Rail Paris-Saint-Lazare. Les grèves sont trop dures, celle de janvier a été très impopulaire. Il faut trouver autre chose. Ces nouvelles actions peuvent être comprises par le public." Des idées germent : pourquoi ne pas remplacer la grève par la gratuité des transports ?


A Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), du 3 au 9 août, c'est une expérience alternative au syndicalisme qui a été menée. Une association nantaise, en lutte contre un projet d'aéroport au nord de la ville et les dégâts pour l'environnement qu'il entraînerait, tant par sa construction que par le nombre d'avions qu'il accueillera, a lancé une Semaine de la résistance. A côté, un Camp Action Climat regroupait des jeunes décidés à militer autrement. Inaugurés en Angleterre en 2006, de tels rassemblements ont eu lieu en Irlande, Allemagne, Belgique, au Danemark… Le rejet de la protestation traditionnelle est à la base de l'idée : application plutôt que discours, mode de vie plutôt qu'utopie. Eoliennes, panneaux solaires, toilettes sèches, les jeunes ont vécu une semaine durant dans le respect de l'environnement. Ils mangeaient de la nourriture bio, faisaient leur compost. Seul usage admis de l'électricité : recharger les téléphones portables. Il n'y avait pas de dirigeants et les décisions étaient prises non à la majorité, système jugé frustrant pour la minorité, mais à la conviction, chacun essayant par la discussion d'amener les autres à partager ses vues.


Ce genre de happening a essaimé, échappant au cadre de l'action politique pour envahir celui des mœurs. Les femmes du groupe d'action féministe La Barbe ont, elles aussi, choisi la provocation amusée pour protester contre la différence de traitement entre hommes et femmes et le sexisme qui imprègne la plupart des lieux de pouvoir. Là où domine la présence masculine, elles viennent avec de fausses barbes approuver ironiquement cette suprématie. Elles ont déjà investi des émissions télévisées, des conseils d'administration, l'Assemblée nationale…


Le 7 mai 2009, la piscine Suzanne-Berlioux du Forum des Halles à Paris a été investie par un groupe de jeunes femmes, membres du collectif les Tumultueuses. Une fois entrées, elles enlèvent leur haut de maillot pour demander l'égalité vestimentaire dans les piscines. "Je n'avais jamais fait de seins nus à la plage, raconte Laura. Nous étions plusieurs dans ce cas, à appréhender. Et puis ça s'est bien passé." Quelques-unes sautent à l'eau distribuer des tracts plastifiés. La plupart des femmes les appuient, les hommes profitent du spectacle. "Moi, je trouve ça très bien", rigole un gros lourdaud. Tout de suite, les maîtres nageurs arrivent leur expliquer que cela ne se fait pas. "Le règlement dit qu'il faut avoir un maillot, pas qu'il doit être différent pour les hommes et les femmes", tente de leur expliquer Laura. "Nous voulons nous battre contre l'obsession du corps parfait qu'on impose aux femmes. Chacune doit choisir ce qu'elle peut montrer ou ce qu'elle veut cacher. Pourquoi verrait-on les poitrines des hommes et non celles des femmes ?", ajoute Naomi, une autre militante. Elles aussi ont compris la leçon : actions spectaculaires, présence des médias prévenus la veille, messages simples et qui passent. Et leur tactique se perfectionne : "La première fois, se souvient Naomi en riant, on avait prévu de partir toutes une par une, discrètement. Mais on était entrées avec la même carte, et il a fallu qu'on se regroupe pour pouvoir s'en aller…" A leur première action, le directeur de la piscine Pailleron, dans le 19e arrondissement, a appelé la police, qui a pris la chose avec le sourire à condition qu'elles ne recommencent pas. La seconde fois, les policiers étaient déjà moins souriants… Mais le succès médiatique a été au rendez-vous. Au risque aujourd'hui d'affaiblir le contenu. "Nous ne voulons pas être juste les filles qui se mettent seins nus à la piscine. Nous défendons aussi d'autres choses", dit Naomi.


La nudité est aussi l'alpha et l'oméga de l'action d'Irwin, son but et son moyen. Après une grave intoxication chimique, qui met sa vie en danger, il découvre qu'être nu lui fait du bien. Cette liberté devient un combat : il se promène dans le plus simple appareil en Espagne, dans les rues de Saint-Sébastien et Barcelone. "La Constitution espagnole assure cette liberté, puisqu'elle ne l'interdit pas précisément. J'ai voulu vérifier que cette liberté était bien utilisée." Le corps bronzé de ce grand barbu au rire éclatant devient célèbre en ville. Il est interpellé mais relâché. Ce sera moins facile en France, où la police vient l'arrêter devant chez lui, à Hendaye. Accusé d'exhibition sexuelle, en application de l'article 222-32 du code pénal, article dont il conteste l'interprétation, il perd un premier procès. Va en appel et reperd. Il est aujourd'hui devant la Cour européenne des droits de l'homme. "Ce n'est pas pour la nudité que je me bats, c'est pour la liberté de me promener dans la tenue que je veux, fût-elle minimale. Mon combat est contre l'intolérance et la discrimination." Et il continue de se promener nu. Dans les six derniers mois, il a été arrêté quatre fois.


Quel est l'impact réel de ces actions ? "Ça n'imprime rien du tout, estime Jean-Michel Aphatie, éditorialiste sur RTL. C'est spectaculaire, ça plaît aux journalistes mais qu'est-ce qu'il en reste ?" Les syndicats voient d'un mauvais œil ces militants qui les bousculent, même s'ils l'avouent peu. Les dirigeants officiels préfèrent ne pas répondre. "Ils croient qu'ils ont tout inventé, lâche un vieux cégétiste. OK, on en parle. Mais quand il faut négocier et arracher des vraies mesures au gouvernement, c'est nous qui nous battons. Et là, il ne s'agit plus de faire les clowns…" Au ministère du logement, on reconnaît du bout des lèvres que Jeudi noir est arrivé à faire parler de lui, mais c'est pour mettre en avant leur absence de troupes et le peu de nouveauté de leurs propositions. Eux revendiquent une vraie victoire. Ils ont vu plusieurs ministres : Villepin sur le CPE, Borloo très vite. Ils siègent dans plusieurs commissions ministérielles. "Sur les stages, on a obtenu trois décrets, des conventions collectives, des formations, explique Julien Bayou. Mais nous n'avons pas vocation à remplacer le travail syndical. Là, les syndicats ont ensuite rattrapé le coup. Alors on s'efface. En ne créant pas de structures, on ne s'oblige pas à se pérenniser."


Jusqu'où iront-ils ? Leur savoir-faire se professionnalise. Xavier Renou a quatre livres en chantier. Julien et Lionel ont créé une boîte de communication en événements de ce type. Bien sûr, ils ne conseilleront que ceux qu'ils estiment. Mais cette évolution inquiète un peu Leila : "Je ne me verrais pas faire cela pour une cause à laquelle je ne crois pas de tout mon cœur." Leur plus éclatante réussite à été l'élection à Bruxelles de la jeune députée européenne Karima Delli. Quatrième sur la liste de Daniel Cohn-Bendit aux européennes, elle a d'ailleurs pris son complice Julien Bayou comme attaché parlementaire… Faut-il y voir une récupération ou le premier souffle d'un vent nouveau dans la contestation ?


Hubert Prolongeau

Dernière modification par gilles (16-09-2009 09:00:42)


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


adh3.jpg

Hors ligne

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB 1.5.11