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Forum de l'APNEL

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#26 01-06-2019 16:54:47

bouteille
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Jef87 a écrit :

Si aujourd’hui, les nudistes ne sont plus condamnés aux bûchers de la Sainte Inquisition comme au moyen-âge,  https://www.curieuseshistoires.net/turl … moyen-age/

Curieux de donner à lire, comme bel exemple historique, pour le mouvement naturiste, sous pretexte qu'ils vivaient souvent nus, la secte des Adamites dont on apprend également ceci.

Leurs cérémonies se terminaient par une copulation générale où l'inceste était de règle.

Dernière modification par bouteille (01-06-2019 16:56:14)

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#27 01-06-2019 18:40:56

Jef87
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Eh oui... mais ces dires sont ceux des juges de l'Inquisition, qui les ont conduit aux bûchers... C'est comme pour les Templiers et les Cathares. Et quand la chose est "jugée", ça devient LA vérité. Parole d'Evangiles !

Tout comme aujourd'hui encore...

Comme le dit Michel Onfray dans sa Contre-histoire de la philosophie, ce sont les vainqueurs qui ont écrit l'histoire et tentent de nous imposer encore aujourd'hui "les racines chrétiennes de l'Europe"...

Crois-tu vraiment que ces fous de dieu auraient pu les envoyer aux bourreaux sans les désigner comme des personnes immondes ?


"Être libre, c'est vivre nu et sans honte" - F.W. Nietzshe.
"La nudité, c'est la vérité, c'est la beauté, c'est l'art" - Isadora Duncan


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#28 03-06-2019 22:47:31

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Julien Wolga nous a fait l'honneur et surtout le plaisir d'être des nôtres lors du procès de Nîmes.
Voici son récit : https://inspiration-naturienne.blogspot … .html#more


julien_wolga_blog_1.jpg


Lundi 27 Mai 2019, j'avais rendez-vous avec les amis de l'Association pour la Promotion du Naturisme en Liberté et de la Fédération Française de Naturisme pour une manifestation pacifique devant le tribunal de grandes instances de Nîmes en soutien à Peter Misch qui se voyait accusé d'exhibition sexuelle pour s'être simplement baigné nu dans le Gardon.


Dans les mois précédents plusieurs jugements ont été rendus dissociant clairement le nudisme de l'exhibition sexuelle (notamment celui-ci et celui-là), confirmant de ce fait officiellement que la nudité ne relève pas de l'exhibition sexuelle dans l'espace public (avec cependant un appel à la modération le temps que les mentalités évoluent).

Cependant cette affaire-ci montre bien le problème auquel nous sommes confrontés: la loi ne définit pas clairement ce qu'est et ce que n'est pas l'exhibition sexuelle (même si son intention de départ avait bien pour but d'en dissocier la nudité), laissant ainsi au juge la responsabilité de l'interpréter selon son propre arrière-plan culturel personnel et relatif.
Cet état de fait conduit ainsi à des jugements potentiellement contradictoires et laisse planer sur la pratique du nudisme sauvage une inquiétude lourde et ne rendant donc pas les français égaux face à la loi qui avait au contraire pour but de clarifier et apaiser les choses...


Le but de cette manifestation pacifique était donc également d'interpeller les pouvoirs publics sur l'intention et le sens de cette loi malgré son manque de précision, appel également matérialisé par la demande de "Question Prioritaire de Constitutionnalité" formulée par l'avocate défendant l'accusé et travaillant avec l'APNEL et la FFN.


N'étant pas particulièrement à l'aise avec les univers juridiques, administratifs etc. je vais plutôt m'intéresser à l'aspect "débat public" qu'avait aussi pour but de susciter cette manifestation, notamment par le biais de la presse venue sur les lieux et dont voici quelques articles:


-la Gazette de Nîmes
-le Midi Libre
-la Provence
-NatHebdo


C'est sur les commentaires qui ont pu être déposés en réaction à ces articles que je vais me pencher, réactions qui sont de trois types:


Les pro-nudisme (qui ne sont pas nécessairement nudistes eux-mêmes) pour lesquels la simple nudité ne relève aucunement de l'exhibition sexuelle et s'indignent qu'un tel amalgame puisse être fait, faisant encourir des peines indûes. A ceux-ci je n'ai pas grand chose à répondre puisque je suis du même avis, si ce n'est peut-être sur la forme de leur expression qui gagnerait parfois à être plus diplomate...
Les anti-nudistes pour lesquels la simple nudité relève de l'exhibition sexuelle (et le nudisme d'une perversion), approuvant sa répression. Il est bien évidemment difficile de les convaincre du contraire, et je pense que c'est uniquement à travers un comportement irréprochable et exemplairement empathique qu'on peut éventuellement désamorcer leur jugement...
Mais les commentaires qui me semblent les plus intéressants sont ceux qui déplorent que les moyens de la justice soient gaspillés pour si peu de choses, mais qui considèrent dans le même temps que les nudistes doivent se cantonner aux espaces qui leurs sont réservés.


Ces derniers commentaires m'intéressent particulièrement car ils sont justement l'occasion d'un débat plus nuancé et offrent la possibilité de s'exercer à la recherche d'un terrain d'entente ménageant le plus possible les différentes sensibilités, tout en libérant le nudisme.


Premièrement, s'il est vrai que des espaces "réservés" existent et offrent l'avantage d'une certaine sécurité communautariste vis à vis des réactions extérieures qui convient à beaucoup de nudistes, demeure cependant le problème de leur rareté, de leur éloignement, et souvent de leur coût direct ou indirect, rendant cette formule insatisfaisante pour beaucoup d'autres qui aspirent à plus de légèreté et de simplicité.


Par ailleurs ces espaces sont de trois ordres dont la nuance est très importante:


- Les espaces réservés qui appartiennent au domaine du privé (où la loi ne s'applique pas de la même façon que dans les lieux publics), il s'agit souvent de clubs associatifs et de centres commerciaux. Ils sont généralement clos et le règlement intérieur y stipule généralement que la nudité y est dans une certaine mesure obligatoire, excluant de ce fait les non-nudistes, et conduisant ainsi à une certaine ségrégation.


- Les espaces autorisés qui sont publics, il s'agit le plus souvent de plages mais d'autres espaces comme des parcs peuvent également exister bien que le cas soit plus rare. Il bénéficient d'un arrêté (généralement municipal) y autorisant explicitement la nudité et donc garantissant l'absence de poursuites pour ce motif.


- Les espaces tolérés ressemblent aux espaces autorisés à ceci près qu'ils ne sont pas nécessairement publics et surtout qu'ils ne bénéficient pas d'un arrêté officiel et donc ne garantissent pas absolument l'absence de poursuites.


Ces espaces autorisés et tolérés se distinguent également des espaces privés en ce que s'ils autorisent la nudité, cette dernière ne saurait cependant en aucun cas être obligatoire.


A ce propos nous pouvons d'ailleurs observer l'installation d'un phénomène nouveau à ce sujet:
Si par le passé la séparation entre nudiste et non-nudiste était clairement effective, chacun restant de son côté, de plus en plus de non-nudistes appréciant la quiétude légendaire des espaces nudistes viennent s'y installer de leur plein droit tout en restant non-nudistes. Il arrive souvent que les nudistes s'inquiètent de voir "leurs" espaces ainsi "envahis", craignant de les voir disparaître (ce qui arrive malheureusement parfois bel et bien), d'autant que la réciproque n'est généralement pas admise, cependant le phénomène a ceci d'intéressant qu'il démontre qu'une cohabitation et même un mélange sont parfaitement possible.
S'ils ne ressentent pas le désir d'être nus eux-mêmes, ils ne ressentent cependant pas non-plus le moindre malaise par rapport à la nudité des autres (sans devenir des "voyeurs" pour autant), ce qui rend l'idée de la nécessité d'une séparation stricte entre nudistes et non-nudistes de plus en plus caduque.
A cette révélation de caducité, s'ajoute aussi la compréhension selon laquelle les espaces tant réservés qu'autorisés et tolérés n'ont en réalité leur raison d'être que dans le contexte de l'ancienne juridiction, mais que depuis la nouvelle ils n'ont théoriquement plus de nécessité légale d'exister.
Le nudisme n'étant plus pénalement répréhensible du moment qu'il ne relève pas de "l'exhibition sexuelle dans un lieu public imposée à la vue d'autrui", il peut donc désormais se vivre librement partout, ou du moins dans la nature, mais la question peut également se poser dans les lieux publics urbains.


Cependant tout n'est pas uniquement question d'arbitrage légal, mais également de prise en compte de la réalité socio-psychologique et de la vision du monde qui la sous-tend:


Parmi les commentaires que j'ai pu lire, une personne a résumé les choses par cet adage (que j'apprécie à vrai dire assez peu et que je trouve même souvent faux): "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres" (ce qu'aurait également objecté le juge), justifiant ainsi que la liberté des nudistes doive légitimement s'effacer face à la liberté des non-nudistes de le pas les voir.
Il est également souvent dit que les nudistes ne doivent pas imposer leur nudité aux autres, affirmations qui me semblent intéressantes et importantes à décortiquer:


Premièrement il y a deux choses très différentes qui sont confondues derrière le mot "liberté" dans l'adage utilisé dans ce contexte, tandis qu'il conviendrait de bien les distinguer:
Le droit constitutionnel fondamental de disposer de son propre corps (et accessoirement ses opinions) comme on l'entend d'une part, opposé à celui d'être protégé de toute agression qui puisse porter atteinte à notre intégrité physique et psychologique d'autres parts.


Donc techniquement, le nudiste a le droit d'être nu tout comme le non-nudiste a le droit d'être vêtu. A l'inverse ce droit ne permettrait donc pas à l'anti-nudiste d'interdire sa nudité au nudiste (ce qu'il se croit permis de faire malgré tout), tout comme il ne permet pas au nudiste d'interdire au non-nudiste son vêtement (ce que ce dernier ne fait en l’occurrence pas).


Mais si l'on se focalise à présent sur le deuxième droit, est-ce que la nudité du nudiste peut être considérée comme une agression portant atteinte à l'intégrité physique ou psychologique du non-nudiste? ... ça devient bien difficile à défendre...


Alors effectivement, on peut tout à fait comprendre que l'anti-nudiste se sente mal à l'aise devant la nudité des autres, mais il s'agit d'un désagrément relatif à ses goûts et habitudes et non d'une réelle atteinte à son équilibre. Ce sera éventuellement une petite partie de son confort qui pourrait être atteinte dans la mesure où il y aurait une "tâche" à son tableau, mais non sa liberté car il n'est lui-même aucunement entravé: le nudiste qui se déshabille n'empêche pas le non-nudiste de rester habillé.
Par ailleurs, si l'on s'essaie à mesurer l'importance de ce désagrément, notons qu'il porte uniquement sur le sens de la vision, qui est beaucoup moins impactant que s'il touchait au sens de l'ouïe (comme dans le cas d'une musique forte qui peut effectivement porter atteinte à l'équilibre), de l'odorat (fumée de cigarette ou autre pollution) ou du toucher (intrusion dans l'espace vital). De plus le regard peut être détourné, et l'on est loin de l'impact dommageable que pourrait provoquer une forte lumière éblouissante ou stroboscopique par exemple.


En somme l'anti-nudiste n'a juste pas envie qu'une nudité peuple son paysage, ce qui peut se comprendre, mais on est suffisamment loin de l'atteinte à ses droits à laquelle il prétend, et ce serait logiquement à lui de faire preuve de tolérance à l'altérité, tout comme nous "supportons" tous nombres de choses qui nous déplaisent plus ou moins au nom du respect de l'autre et du vivre ensemble.
Accessoirement, si l'on prend en compte toutes les bénéfices que procurent la nudité à l'individu et les méfaits de son interdiction, dans ce cas-là l'accusation est même carrément inversée, car c'est l'interdiction de la nudité par les non-nudistes qui porte atteinte à l'intégrité physique et psychologique du nudiste!


Ceci étant dit, l'idée de cet article reste de renouer le dialogue pour travailler à trouver un terrain d'entente avec les non-nudistes et les anti-nudistes (ce terrain d'entente pouvant d'ailleurs être tout à fait évolutif), et même si nous pensons sincèrement être légitimes et dans notre bon droit, il ne nous faut pas oublier que les anti-nudistes (qui sont au fond aujourd'hui largement minoritaires même s'ils se manifestent plus que les autres) pensent être dans le leur aussi, qu'ils n'ont pas "choisi" de sentir un malaise vis à vis de la nudité et qu'ils ne font pas exprès de s'opposer au nudisme uniquement pour nous embêter: par ce que nous sommes, notre tenue, notre façon de penser, nous heurtons leurs schémas de pensées et représentations du monde, et qu'ils réagissent comme on leur a appris à le faire face à ce genre de situation.
Etant donné que c'est nous qui souhaitons apporter un changement aux habitudes, c'est à nous de prendre soin de ménager les sensibilités afin de nous les concilier plutôt que de se battre inutilement contre elles, notamment en prenant le temps de rassurer les craintes, car même si elles nous semblent infondées, le fait est qu'elle existent et qu'elle impactent notre monde.


Attaquons-nous donc à présent à ces craintes:
Il ne faut pas se voiler la face, nous héritons d'une culture qui associe massivement nudité et sexualité et donc cloisonne cette nudité à un cadre défini, il est donc logique que le nudisme sortant de ce cadre bouscule certains repères chez les non-nudistes, ce qui peut, en soi, et de manière diffuse, être inquiétant pour eux. Une attitude tranquille, bienveillante et surtout non-intrusive participe déjà considérablement à atténuer l'anxiété non-nudiste.
Mais ce faisant, cette culture "sur-sexualisante" n'agit pas uniquement sur la pensée, mais également sur le comportement et les réflexes, puisqu'en déshabituant l'individu de la simple nudité, et ne reléguant cette nudité qu'à la sexualité, l'individu s'habitue à ce que la simple nudité puisse éveiller son désir sexuel ce qui peut du coup le mettre dans l'embarras voire la frustration.
Si chacun reste responsable de ses actes, et que la tenue des uns ne peut excuser les réactions violentes des autres (le cas est identique à celui des femmes agressées pour le même genre de motif fallacieux), cependant il peut être quand-même judicieux de tenir compte de cette situation pour limiter les conflits.
Je ne parles pas d'en rester à ce statut quo demandé par les anti-nudistes privant les nudistes de leur liberté, mais d'apprivoiser leur manque d'habitude par une habituation progressive (je pense par exemple à une simple prise de distance raisonnable), le temps que leurs repères évoluent sereinement, permettant d'intégrer cette nouveauté dans leurs schémas mentaux avec le minimum de heurts.


Par ailleurs, l'objection qui cristallise le plus de crispation est la crainte selon laquelle les enfants se retrouvent perturbés et pervertis par le spectacle de la nudité (c'est notamment ce qui a été objecté de manière insistante à Peter par le juge). Le nudiste est souvent désemparé pour répondre à cette objection tellement son expérience avec ses propres enfants lui démontre le contraire (de même pour les non-nudistes qui viennent sur les plages naturistes en famille et qui confirment que leurs enfants non-nudistes ne sont pas du tout heurtés par la nudité des autres), mais ces deux visions sont tellement éloignées l'une de l'autre qu'il est difficile, et parfois même impossible, de créer un pont de compréhension entre elles, l'une pouvant difficilement admettre l'autre...
Comment faire alors? J'avoue moi-même avoir du mal à trouver une recette explicative toute faite, mais il me semble que là encore un comportement empathique de la part du nudiste, démontrant sa mesure et son sens de la raison, peut faire la différence et est peut-être même la seule clef au problème, car face à la réaction émotionnelle l'argument rationnel ne fait pas vraiment le poids: ce n'est pas de l'intellect ou de l'autorité qu'il faut y mettre, mais de l'humain...


Pour terminer, l'idée de préciser la loi soulève tout de même beaucoup de questions, car comment définir objectivement la limite entre l'exhibition sexuelle et la non-exhibition sexuelle?
D'autant plus que la notion d'exhibition implique une intention, et les procès d'intentions sont toujours délicats car prouver une intention est très difficile.
Faut-il donc plutôt statuer sur des actes ou des tenues précises?
La question est donc en réalité plus compliquée à régler qu'il n'y paraît:
Quid de l'épilation intégrale mettant à découvert le sexe et ayant généralement une motivation sexuelle (et une référence pornographique), même s'il n'y a pas d'activité sexuelle en public?
Dans le même ordre d'idées, quid des piercings (ou tatouages) intimes?
A contrario que faire des personnes faisant l'amour dans la nature, mais pensant être seules et n'ayant aucune intention de se monter à quiconque, et qui sont surpris malgré leurs précautions dans leurs ébats?
Se pose également la question des tenues qui sont volontairement plus "sexy" que la nudité.
Y a t-il seulement une limite objectivement identifiable définissant l'exhibition sexuelle?


Est-ce que toutes ces questions n'inviteraient pas à se pencher sur le fond de la question, à savoir la place de la sexualité dans notre société, et accessoirement l'impact que peut avoir son exhibition (ou à contrario son occultation) sur nos équilibres individuels et collectifs?
Peut-être n'est-ce pas encore le moment de s'attaquer à cette problématique, mais peut-être aussi qu'il ne faudra pas trop tarder non-plus pour s'en occuper...


... pour ma part je n'ai pas encore suffisamment travaillé sur la question pour être en mesure de formuler un avis plus poussé et construit que la réflexion que j'ai proposée à ce sujet dans mon livre, mais l'étude est en cours...


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#29 04-06-2019 08:02:43

_Hub_
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Heureux d'avoir été des votre également devant le tribunal.
J'ai apprécié échangé avec Julien, Sylvie, Jacques, ... dans le cadre de la diffusion de notre noble cause.
Nous avons visité, en tenue d'Adam, vendredi, le château moyenâgeux des Roure.

(Julien y avait exposé il y a 10 ans.) smile



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#30 04-06-2019 15:26:29

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Un bel article de notre ami Jean-Luc :


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NATURISTE, SANS COMPROMIS !


Auditionné par la justice le 27 mai pour pratique naturiste, Peter Misch ne cédera pas. Et obtient le soutien de la fédération française de naturisme.


Suite à une plainte déposée pour pratique naturiste au bord du Gardon le 27 juillet 2018, Peter Misch, un allemand de 65 ans, comparaissait devant le tribunal de Nîmes le lundi 27 mai, au motif d’exhibition sexuelle, intitulé qu’il conteste, affirmant simplement sa pratique naturiste. Défendu par Maître Agathe Delescluse, une avocate du barreau de Lille, et soutenu par la Fédération Française de Naturisme et l’Apnel, une de ses composantes, il déplore une audition à charge, et attend peu de choses du jugement. Mais affirme qu’il n’acceptera aucun compromis.


Pendant deux heures, déclarait-il aux médias présents, lui et son avocate ont eu l’impression que les jeux étaient déjà faits. « Je n’ai jamais eu l’intention d’imposer ma nudité à quelqu’un d’autre. Pour moi, être nu représente le bien-être, l’harmonie avec la nature et il n’y a aucune connotation sexuelle », affirmait-il au journaliste de la Provence, présent sur les lieux, tout comme à celle du Midi Libre.


Les plaignants, qui n’étaient même pas présents à l’audience, ne se sont même pas portes parties civiles. Mais, « La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres », a tenu à rappeler le procureur, avant de réclamer une condamnation d’un mois de prison avec sursis et 350 € d’amende. Une décision qui a été mise en délibéré par le juge et qui ne sera rendue que le 17 juin prochain, à 14 h.


« Je me fais traiter comme un malade mental parce que j’ai pris un bain nu, s’insurge Peter Misch. De toute façon, je ferai appel. Je n’accepterais même pas un rappel à l’ordre. C’est la relaxe ou rien et je suis même prêt à aller en prison ! ». Relayée par les sites web de l’APNEL et de Vivrenu, sa position radicale fait aussi l’objet d’un appel à soutien financier sur le site Leetchi. La vingtaine de personnes présentes le jour du procès, dont deux administrateurs de la FFN, ont eux aussi déploré le manque d’impartialité de cette audition. Et se préparent déjà à continuer le combat, après le 17 juin. En étant conscientes qu’avec l’arrivée de l’été, le résultat de ce procès sera important pour les futurs estivants tentés par la pratique naturiste.


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#31 05-06-2019 19:36:20

Joam
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Bravo à Jean-François, Jacques, Sylvie et toute l'équipe pour tout ce travail. C'est là que l'on voit l'utilité de l'APNEL et des moyens que nous essayons de mettre en place. C'est assez incroyable de se retrouver dans une telle situation en France en 2019.


Jean Marc du 11 (Aude)
Administrateur de l'apnel


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#32 17-06-2019 16:57:05

naturelo
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

bonsoir
des nouvelles du tribunal ?
nous sommes le 17 juin


Philippe du 12 (Aveyron)


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#33 17-06-2019 18:20:33

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Comme attendu, Peter a été jugé coupable, 600€ + 127€ "droit fixe de procédure".
Prochaine étape la cour d'appel qui nous permettra, espérons, d'avoir une jurisprudence.
Sans oublier la reconduite de la QPC pour qu'enfin il n'y ait plus confusion entre l'exhibition sexuelle et la simple nudité.
https://www.cours-appel.justice.fr/nime … kS7xJ429rc


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Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#34 17-06-2019 18:33:37

naturelo
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

le plus tôt sera le mieux
croisons les doigts


Philippe du 12 (Aveyron)


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#35 17-06-2019 21:29:14

choquet
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Plus que jamais , tous les nudiens et naturistes de France et de Navarre se doivent d’être solidaires face à l'obscurantisme , nous avions fait la proposition d'un rassemblement dans un lieu de nature ouvert , et central en France ; n'oublions pas aussi la solidarité financière.


naturistes hauts pyrenéens , itinerants , prets à decouvir avec d'autres adeptes du naturisme en liberté nos magnifiques paysages de France

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#36 18-06-2019 15:00:12

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Un article de la Gazette de Nîmes illustrant ce verdict smile


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Jugé le 27 mai dernier pour "exhibition sexuelle" alors qu'il se baignait dans les gorges du Gardon en famille, un naturiste ardéchois est condamné à 600 euros d'amende et 127 euros de frais de procédure. Sur la base d'une nouvelle jurisprudence, il fait appel de cette décision.


Car, selon les naturistes, il ne faut pas confondre "naturisme" et "exhibitionnisme". Dans le premier cas, on ne cherche pas à se montrer, dans le second cas oui. Or ce jour d'août 2018, Peter affirme qu'il était derrière un bosquet de l'autre côté de la rive de promeneurs qui l'ont d'abord insulté avant de prévenir la gendarmerie.


Selon les naturistes, la nudité seule  (sans exhibition ni obscénité) n'est plus condamnable depuis le nouveau code pénale du 1er mars 1994. Soutenu par plusieurs associations, Peter compte aller jusqu'à la cour de cassation voire la cour européenne de Justice.


___________________________________________________________________________________


Merci Peter de pointer du doigt la législation française, interprétable en fonction de la "morale" de certains magistrats,
qui de plus refusent obstinément une QPC de clarification de cette notion non définit d'exhibition sexuelle.


https://www.vivrenu.com/getfile.php?att … _peter.mp4


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#37 26-06-2019 14:42:24

Peter 07
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

L'étrange expérience d'un procès ubuesque dans un état de droit - la suite 2


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Comme attendu, vu le déroulement du procès du 27 mai voir ci-joint), j'ai été jugé coupable le 17 juin par le tribunal correctionnel de Nîmes pour "exhibitionnisme sexuel" et condamné à 600 € d'amende plus frais de procédure.


Le tout a duré 5 minutes. Le juge m'a appelé à la barre et a lu son jugement. Il a expliqué qu'il y a une remise de 20% si je paye dans les 10 jours et que j'ai un délai à respecter pour faire appel. Observation personnelle : Il m'a regardé quand je me suis avancé à la barre, mais plus du tout pendant ses explications, il a visiblement (à mon avis) évité de me regarder.


La presse était présente et un des journalistes  s'est dit "très surpris" par la condamnation. Il était déjà le matin même au tribunal pour une autre affaire et il connait du fait de son métier pas mal des gens travaillant au tribunal. Il a été très surpris, car il a "entendu que le juge n'était pas prêt pour un jugement coupable" me concernant. Bon, il s'agit d'un "entendu" sans plus de précision. Avec le fait que ce n'était pas une plainte déposée par une personne physique dérangée par le manque de maillot de bain, mais carrément celle du parquet (qui dépend du ministère de la justice) ça donne un drôle d'impression.


Je ne vais pas répéter ici les argumentations qui se trouvent dans mes textes précédents et dans l'excellente analyse de déroulement du procès par Jean-François F.


On attend maintenant avec impatience le jugement par écrit et  le raisonnement du juge Olivier Mathé. L'appel contre le jugement a été fait le lendemain du jugement par l'avocate.


Je suis prévenu que "la cour d'appel de Nîmes est réputée pour sa grande sévérité" et que je risque une aggravation de la peine. Evidemment ça me pose la question de "l'utilité" d'un appel. Mais, est-ce qu'il faut accepter pour cela d'être jugé coupable dans ces circonstances, fait qui veut dire que je suis un pervers sexuel ? Accepter l'inacceptable à titre individuel ou collectif a presque toujours de lourdes conséquences - à titre individuel comme collectif. Evidemment un état de droit n'est pas un acquis immuable, il se réalise et se développe dans la pratique de ses lois et de sa justice.


Un état de droit veut dire que les tribunaux sont indépendants, neutres et équitable, ils appliquent la présomption d'innocence et l'application de la loi est la même sur tout le territoire. Je pense que ce n'est pas le cas dans l'affaire qui me concerne et je ne suis pas prêt d'accepter l'injustice de ce jugement uniquement parce que la composition de la cour d'appel est "réputée pour sa grande sévérité". Je ne suis même pas contre la "sévérité" si elle en service d'application de la loi dans un état du droit pour défendre la liberté, l'égalité et la fraternité.


Épuiser tous les moyens de la justice dans cette affaire va éclairer aussi (au moins pour moi) où on est avec la justice en France. Soit c'est possible de mettre fin à cette situation absurde ou alors la "justice" perdure avec l'arbitraire, en fonction de : la composition des tribunaux ? des convictions intimes et de l'humeur du juge ? les opportunités ? (liste non exhaustive). Dans ce cas là, "cette justice" montre que l'état du droit n'est qu'un terme devenu creux dans la France actuelle, car les décisions et les conditions ne correspondent pas (plus ?).


Je vous tiens au courant dès réception du jugement écrit. En attendant je remercie chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont participé à la cagnotte pour les frais de la justice. Certainement on doigt ouvrir une nouvelle cagnotte pour la participation au financement de l'appel - et la suite éventuelle.


bien à vous et merci pour votre soutien, Peter


PS : la mise en page ne marche pas, j'aurais bien aimer d'insérer un dessin et mettre des phrases en italique etc.

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#38 27-06-2019 07:25:47

bouteille
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Peter 07 a écrit :

Certainement on doit ouvrir une nouvelle cagnotte pour la participation au financement de l'appel - et la suite éventuelle.

bien à vous et merci pour votre soutien, Peter

S'il faut participer à une cagnotte pour financer les frais d'une procédure d'appel , car tout ceci coûte très cher. Oui, si c'est pour réparer une injustice, pour annuler la condamnation d'un individu meurtri.
Par contre non, si c'est un moyen pour obtenir la conquête de nouveaux territoires pour le nudisme.
Les territoires pour le nudisme sont octroyés par les élus locaux en fonction de la demande. Si la demande est en regression, malgré les dénis des vieux naturistes, le principe démocratique, c'est de ne pas vouloir en avoir "toujours plus".

Dernière modification par bouteille (27-06-2019 13:40:28)

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#39 27-06-2019 08:08:44

Jef87
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Mon cher Bouteille, tu n'as visiblement toujours pas compris qu'il n'y a aucune loi qui, à ce jour, interdise d'être nu dans l'espace public. Seules les agressions à caractère sexuel et actes de nature sexuelle sont concernées par cet article 222-32 ("exhibition sexuelle").
La nudité relève donc d'une liberté individuelle : de pensée, vestimentaire et d'expression. Ces libertés sont garanties par le droit français et européen.


D'autre-part, le principe de Laïcité implique également pour les citoyens de ne pas être tenus de se conformer aux injonctions religieuses d'aucunes sortes.


Tout ce qui n'est pas interdit est donc, de fait, autorisé. (Principe de base du droit). les Maires n'ont pas le pouvoir de décider de limiter les libertés publiques sans qu'il n'y ait de vrais raisons d'ordre public AVÉRÉS (sécurité des personnes et des biens, bagarres et autres violences - hygiène). La morale et les conventions culturelle ou cultuelles n'entrent pas dans ce champs des interdictions possibles.


Et pour finir, je voudrais rappeler les termes de la DDHC de 1789 (et en particulier la 2e phrase de l'art. 7) :


Article 7
Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.


Article 8
La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.


Le cas de Peter est donc typique d'une condamnation arbitraire, liée non pas au droit mais à la morale !
Il ne s'agit pas de conquérir de nouveaux droits et de nouveaux territoires pour le nudisme et le naturisme, mais de faire respecter le droit et la volonté du législateur. Qu'une majorité de naturistes et encore plus de nos concitoyens n'aient pas eu conscience de cette révolution juridique et culturelle intervenue en 1994, c'est une chose. Mais maintenant il faudrait peut-être arrêter de nier cette réalité et défendre nos libertés.


Sommes-nous encore dans un État de droit OUI ou NON ?
Sommes-nous encore dans un État Laïque OUI ou NON ?


"Être libre, c'est vivre nu et sans honte" - F.W. Nietzshe.
"La nudité, c'est la vérité, c'est la beauté, c'est l'art" - Isadora Duncan


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#40 27-06-2019 09:52:10

bouteille
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Peter 07 a écrit :

Je vous tiens au courant dès réception du jugement écrit.

Le délai de 10 jours pour faire appel ne débute t-il pas lorsque l'écrit du jugement a été délivré par le greffe ?


Jef87 a écrit :

Mon cher Bouteille, tu n'as visiblement toujours pas compris qu'il n'y a aucune loi qui, à ce jour, interdise d'être nu dans l'espace public.

Donc d'après ton interprétation de la loi, il devrait être relaxé par la Cour d'Appel de Nîmes ?
Si ce n'est pas le cas, j'espère que tu reconnaitras que tes connaissances sont insuffisantes en matière juridique et que tu as mal compris l'esprit de l'article de loi en question.


Quant à l'interprétation de la déclaration du ministre Henri Nallet c'était il y a 25 ans. Je suis persuadé qu'il parlait de naturisme en espace dédié et autorisé (face à l'inquiétude économique des commerçants du Cap d'Agde et autres plagistes de St Tropez) car à l'époque le nudisme en espace non dédié (randonues) c' était inexistant.
Il serait avisé d'essayer de le recontacter, pour savoir s'il parlait bien de naturisme encadré
https://www.courdecassation.fr/institut … 41012.html


Et il ne faut pas accuser la loi française car, même en Allemagne, c'est en train de changer

La CSU, le parti  au pouvoir en Bavière, a  déposé une motion d’urgence mercredi, exigeant que les baigneurs portent « des maillots de bain qui couvrent complètement les principaux organes sexuels ».

https://www.20minutes.fr/monde/2549975- … ess-munich

Dernière modification par bouteille (27-06-2019 16:20:28)

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#41 18-07-2019 18:36:40

Jef87
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Non non, en ce qui me concerne, ce n'est pas une "interprétation de la loi" mais une lecture stricte et attentive.

En droit pénal, les textes sont "d'interprétation strictes" ce qui en langage juridique veut dire de lecture stricte : le juge interprète la loi comme le comédien au théâtre. Comme le comédien, le juge ne peut dévier du texte et surtout pas lui donner un sens différent de ce qu'à voulu son auteur (en l'occurrence, le législateur).

S'il peut avoir une "interprétation extensible", c'est uniquement dans un sens plus favorable au justiciable. En aucun cas, cela ne doit conduire à aggraver la peine prévue et encore moins à créer un délit que le législateur n'a pas prévu. Nous ne sommes pas dans une république des juges !!! Un juge qui se fait législateur commet une faute grave également punie par la loi.

Et tout ceci est cohérent : le CP est conçu pour que chaque citoyen puisse savoir en permanence ce qu'il ne lui est pas permis et de connaître les limites de l'exercice de sa liberté. Il est donc à prendre littéralement au pied de la lettre. S'il fallait avoir fait BAC +30 pour le comprendre, alors on aurait tous un gros problème...

D'ailleurs, forts de ma lecture attentive des textes, nous venons de gagner une belle victoire, contre l'arrêté municipal parfaitement illégal de Quend... Alors peut-être que nous ne gagneront pas en appel dans l'affaire de Peter, compte-tenu de la réputation du tribunal de Nîmes, mais en cassation ou à la CEDHC, je n'ai aucun doute.


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#42 28-07-2019 18:42:00

robertAnt
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Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

la cagnottedu texte s'est affichée comme  "supprimé" sur mon PC ; est-ce normal ?

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#43 12-08-2019 15:16:42

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

robertAnt a écrit :

la cagnottedu texte s'est affichée comme  "supprimé" sur mon PC ; est-ce normal ?


Cette "cagnotte" est gérée par Peter, nous n'avons pas la main dessus et lui seul peut vous répondre.


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#44 31-08-2019 16:07:55

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Mitch31 oct. 10h52


« Moi je supporte pas voir votre tête et pourtant j’en fais pas un drame » pourraient vous répondre des nudistes.


Je ne suis pas nudiste ou naturiste. Mais concrètement ce qui me saoule le plus c’est les arguments dans votre genre ou vous faites passer votre mépris pour un argument.


Croyez le ou non mais vos opposants vous méprisent probablement tout autant. Des lors on fait comment pour vous départager? On réunit un public et on mesure les huées au sonomètre?


Plus sérieusement, je COMPRENDS que ça puisse choquer. Sérieusement. Je vois bien que c’est en désaccord avec nos traditions, nos coutumes, notre culture, nos religions et notre histoire. Je comprends que ça CHOQUE. Ça me semble évident…


Seulement il y a autre chose à envisager: Tout ce qu’on impose par la loi, on l’impose sous la menace de la plus grande sanction pénale prévue par nos lois. Le nier c’est nier l’évidence de l’acharnement dont la justice peut faire preuve pour casser un individu récalcitrant. Le pouvoir de la justice va jusqu’au meurtre même dans notre société actuelle. Celui qui se rebelle contre la loi et se bat avec toutes ses armes finira flingué par un policier. Je pense que c’est un peule genre de chose qu’on oublie quand on vote des lois. Si on gardait ça en tête, tout le temps, on éviterait de voter pour des députés aussi prolixes en textes de lois divers et variés.


Une personne nue dans la rue devrait surtout avoir droit a tout le mépris de Sweeping Wave et à l’ostracisme social de tous ceux qui pensent comme lui. Il devrait surtout pouvoir se faire refuser dans tous les restos, bars, magasins, taxis, et emplois auxquels il se présente. Ce sont les citoyens qui devraient le punir en refusant de traiter avec lui, mais c’est tout. Interdire la nudité par la loi c’est ajouter de la violence la ou une personne se contente de déambuler SANS violence.


Oui je vous vois venir vous autres pères la pudeurs et autres mamans en colère: « La nudité est une violence! une agression, un attentat à la pudeur! »
Ceci est un mensonge. C’est un abus de langage et de la mauvaise foi. Un mec à poil ne vous force pas à le fixer. Il en vous demande pas à priori d’être choqué. C’est vous qui faites le choix de détester ca et qui vous laisser aller à des préjugés. Vous avez parfaitement le droit d’avoir des préjugés. J’en ai moi même plein. Les tee Shirts « che Guevarra » me choquent par exemple bien plus qu’un bonhomme à poil quand je pense aux centaines de cubains humiliés, martyrises, puis trucidés par ce boucher barbare. J’ai envie de les cogner a coup de poing américain les jeunes crétins qui arborent le portait de cette ordure intégrale de Che Guévarra. Et pourtant je me contente de ne pas leur répondre quand ils me parlent, et refuser de traiter avec eux. Ces gens qui portent des t shirts fort peu à mon gout ne m’ont pas agressé, pas plus que les gens uniformes nazis , les femmes voilées ou les clowns (pour coller à l’actualité). Une agression ça fait bien plus mal que ca.


Quand on s’est déjà fait mettre un coup de couteau sous la gorge, quand on s’est fait tabasser par une dizaine de jeunes cons, quand on s’est fait raquetter ou cambrioler, quand on a été victime d’attouchement ou de viol, ou de harcèlement, alors là, effectivement on se fait agresser. Et il est infiniment plus important de lutter contre ça que contre des fumisteries de « ca me choque de voir ca ». Or la police a des moyens limités. A chaque fois qu’on demande aux flics de faire appliquer des lois qui initient la violence physique sur les citoyens, on leur enlève une possibilité de lutter contre les crimes réels. Par ailleurs je me demande comment on peut se prétendre moral et justifier une réaction par la violence physique, à une « violence symbolique ». Si pour vous une mauvaise apparence physique justifie une violence policière, alors je préfère vous le dire clairement: Vous êtes dans le camp des despotes, des barbares et des salauds.


Si vos sentiments face à l’apparence d’autrui était une véritable bonne raison pour faire une loi alors la société serait forcément un fascisme mené par une ochlocratie de « mamans en colère », tout sauf libre. En effet si les dégoûts, les phobies, et autres écœurements de chacun deviennent force de loi, alors il n’y a plus de limite au despotisme des juges.


Source : https://www.contrepoints.org/2014/10/31 … existe-pas


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#45 03-12-2019 12:39:28

choquet
Membre

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Puisqu'il semble qu'on connait la date du procès en appel de Peter Misch, le 6 mars à 8h30 (à Nimes ?? ), ne serait il pas temps d'appeler à la mobilisation et au soutien ?  Ce procès concerne l'ensemble des natu/nu/diens/distes


naturistes hauts pyrenéens , itinerants , prets à decouvir avec d'autres adeptes du naturisme en liberté nos magnifiques paysages de France

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#46 03-12-2019 23:46:24

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

Notre ami et avocat Frédéric P. a enrichi le numéro de juillet 2019, de Naturisme magazine, en publiant un article sur l'affaire Peter Misch : http://naturismedroit.net/droit-penal/6 … xgjtysFaM4



QUAND LE NATURISME EST « INVITÉ » DE NOUVEAU AU TRIBUNAL CORRECTIONNEL


Une « affaire » comme on en voyait davantage il y a quelques années.
Peter Misch est un ressortissant de nationalité allemande qui vit en France depuis une vingtaine d’années, et est adepte de la pratique naturiste.


Le 27 juillet 2018, il se baigne nu sur la rive du Gardon avec sa compagne et les deux enfants de celle-ci. Il est apostrophé avec les membres de sa famille par un couple qui s’est installé après eux, de l’autre côté de la rive à une cinquantaine de mètres. Il leur répond qu’ils ne sont pas obligés de regarder dans leur direction, puis regagnent leur rive.


Le couple en question appelle les gendarmes qui arrivent sur place.
La femme du couple "offusqué" décide de porter plainte.
Peter Misch est convoqué devant le tribunal correctionnel de Nîmes à l’audience du 27 mai 2019 à 14 heures.
Il est soutenu par la Fédération française de naturisme (FFN) et l’Association pour la promotion du naturisme en liberté (APNEL).


Il a été déposé une question prioritaire de constitutionnalité, ainsi que des conclusions au fond.
Il est à noter que les plaignants, bien que l’offense à leur dignité ait paru portée à un niveau maximum le jour des faits, n’ont pas jugé opportun d’assister à l’audience, et ne se sont donc pas constitués parties civiles.
L’audience, qui se tenait "à juge unique" a duré deux heures.


Le procureur a repris l’adage selon lequel "La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres", et a requis la condamnation de Peter Misch à un mois de prison avec sursis et 350 € d’amende. La décision a été mise en délibéré par le Président, ce qui est rare dans les audiences à juge unique où les décisions sont rendues immédiatement.


Le prononcé du délibéré a été fixé au 17 juin.


Peter Misch a été reconnu coupable d’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible au regard du public, au titre de l’article 222-32 du code pénal, condamné au paiement d’une amende de six cent euros, outre les cent vingt sept euros de droit fixe de procédure (somme due systématiquement en cas de reconnaissance de culpabilité).


Il a interjeté appel.


Cette procédure est étonnante à plus d’un titre :


Monsieur Misch a été convoqué en audience sans audition préalable, que ce soit dans le cadre d’une garde à vue (situation certes absurde en l’espèce mais garantissant certains droits) ou plus probablement dans le cadre d’une audition libre (nettement moins contraignante mais garantissant les mêmes droits)
De ce fait il ne lui a pas été proposé d’alternative aux poursuites, qu’il s’agisse d’un rappel à la loi, issue la plus fréquente en cas de faits de même nature, médiation pénale ou composition pénale. Certes, et il l’a lui-même dit, il ne l’aurait pas accepté, mais le fait est que l’on ne lui a pas proposé.
Le résultat est qu’un tribunal a été mobilisé pour une audience de deux heures pour des faits totalement mineurs, dont on cherche à déduire une infraction certainement non caractérisée.


En premier lieu, nous avons le problème de la constitutionnalité de l’article 222-32 du code pénal, notamment et sans que l’énumération ci-dessous soit exhaustive :


Par rapport au principe de légalité qui découle de l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dont il découle que nul ne peut être punie que par une loi préexistante aux faits. Il est de jurisprudence constante du Conseil constitutionnel que les termes de la loi doivent être « clairs et précis ». C’est à ce titre qu’a été abrogé par ledit Conseil constitutionnel, l’article 222-33 du code pénal réprimant le harcèlement sexuel défini dans cet article comme : "Le fait de harceler autrui en tentant d’obtenir des faveurs de nature sexuelle". Or l’article 222-32 est encore plus imprécis !!
Certes la Cour de cassation a refusé de transmettre la QPC au Conseil constitutionnel s’agissant de l’article 222-32 et la Cour de cassation a refusé cette transmission. Mais rien n’interdit de "frapper à la porte de la Cour de cassation" une nouvelle fois en étayant l’argumentation développée.


Par rapport au principe de proportionnalité des délits et des peines qui découle de l’article 8 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui utilise le terme de "peines strictement nécessaires". Or il y a un hiatus total entre la peine encourue (un an d’emprisonnement et quinze mille euros d’amende), et les peines prononcées en matière de nudité sans attitude sexuelle, savoir quelques centaines d’euros d’amende et/ou de un à trois mois d’emprisonnement assortis d’un sursis simple.
Par rapport à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, notamment de l’arrêt concernant Stephen Gough. La Cour disait notamment :
Que la nudité publique relève de la liberté d’expression régie par l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme
Que la situation de Stephen Gough constituait une ingérence dans ce droit
Que cette ingérence était justifiée en l’espèce (cf notre chronique sur cette décision).
Par ailleurs il était spécifié que cette situation ne relevait pas d’une interdiction générale de la nudité en public. Or la situation de Peter Misch et les faits de l’espèce relèvent d’une telle interdiction.


S’agissant de la constitution de l’infraction d’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible au regard du public, celle apparaît loin d’être évidente :


Monsieur Misch se baignait dans un endroit où il n’y avait personne au moment de leur arrivée sur les lieux, et où il se sont mis en tenue naturiste,
Le couple de plaignants, arrivant après, et s’arrêtant précisément à l’endroit où la nudité est visible, acceptait de fait celle-ci, alors qu’il lui était loisible de passer son chemin et de s’installer ailleurs. La nudité n’était donc pas imposée au sens même de l’article 222-32!!
Il y a bien entendu l’absence de visibilité des bas des ventres des protagonistes, dans la mesure où ils se baignaient à ce moment-là !!
Et bien entendu, l’absence totale d’attitude sexuelle qui devrait faire écarter d’emblée l’application de l’article 222-32.
Il a été interjeté appel du jugement. La Cour d’appel de Nîmes sera appelée à statuer à nouveau sur ce dossier.


Monsieur Misch, soutenu par la FFN et l’APNEL, est décidé à utiliser toutes voies de recours à l’encontre de toute décision de culpabilité.


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#47 04-12-2019 11:46:07

choquet
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Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

precisement , notre question est : comment va t'on ,FFN et APNEL soutenant Peter Misch , s'organiser pour concretiser ce soutien ?


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#48 04-12-2019 14:31:35

jfreeman
Administrateur

Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

choquet a écrit :

precisement , notre question est : comment va t'on ,FFN et APNEL soutenant Peter Misch , s'organiser pour concretiser ce soutien ?


Pour nous, il est encore un peu tôt pour la mobilisation... Et le plus difficile sera de mobiliser les médias, une nouvelle fois. D'autant qu'au premier procès, il avait fallu que "je force" l'entrée du Midi Libre, situé juste en face de la gare pour faire bouger la rédaction (qui n'avait pas répondu à nos courriers). Un esprit de corps, pour le moins réactionnaire, semble malheureusement régner sur cette jolie ville (cf corrida).


Jacques FREEMAN du 91 (Essonne)
Vice Président, chargé de la communication
 


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#49 04-12-2019 15:18:43

choquet
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Re : Peter Misch : Une histoire de liberté et d'obscurantisme

ok ; conscients de l'importance des retombées de cette " affaire " , concernant la pratique de la nudité en liberté , meme au delà ,nous sommes disponibles pour , lorsque le temps sera venu et que des decisions d'actions , mobilisation et soutien auront eté discutées et prises , y participer à notre niveau


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